Imaginez avoir accès à l’électricité sans toutefois pouvoir se l’offrir. Diriger une entreprise mais devoir fermer boutique à la tombée de la nuit. Utiliser une source d’éclairage tout en étant vulnérable à ses risques et dangers pour la santé.    

Ce sont des situations auxquelles font face de nombreuses familles en Afrique subsaharienne, où soixante pour cent des ménages n’ont pas accès à l’électricité.

Midhula De Gannes, ancienne de Shad McMaster 2006, a passé trois mois au Kenya comme bénévole auprès d’une entreprise sociale fondée par un autre Shad, afin de s’attaquer à ces enjeux.  

Midhula (au milieu) et d’autres membres de l’équipe Solar Panda lors d’une visite sur le terrain afin de déterminer comment améliorer la qualité de leur produit.

« J’ai rêvé toute ma vie d’aller en Afrique », déclare Midhula, une ingénieure qui travaille dans le secteur de l’énergie de l’Ontario depuis plus de six ans.

Au début, Midhula ne savait pas trop où entreprendre sa recherche de placement. Cependant, après avoir conversé avec un ami, elle s’est rendu compte qu’il vaudrait sans doute la peine de vérifier si l’un ou l’autre des 17 000 anciens ayant pris part à Shad pouvait la soutenir dans sa démarche.  

Et c’est ainsi qu’elle a repéré Andy Keith, fondateur et PDG de Solar Panda, une entreprise sociale qui fournit des systèmes solaires domestiques durables et à faible coût à des collectivités en Afrique.

« Nous avons tous les deux vécu une expérience vraiment positive à Shad et nous partagions nos histoires », fait remarquer Midhula, à propos de sa conversation initiale avec Andy, qui pour sa part avait fréquenté Shad Carleton en 2002.

« D’un point de vue personnel, Shad a énormément renforcé ma confiance en moi. Je faisais partie d’une initiative vraiment spéciale et ma présence au sein de ce programme m’a complètement ouvert les yeux quant à ce qu’il m’était possible d’accomplir », ajoute Midhula.

Andy a lancé l’entreprise en 2016 après avoir travaillé à de vastes projets solaires au Canada et après s’être rendu au Ghana dans le cadre d’un voyage bénévole.

« Il a pris conscience du fait que l’Afrique n’a pas besoin de charité, elle a besoin d’opportunité », fait valoir Midhula.

Elle s’est rendue à Nairobi en janvier pour aider l’entreprise en matière d’opérations, de logistique et de politiques liées aux ressources humaines.

« J’ai pu me faire une petite idée de toutes les facettes de l’entreprise. »

Quelque chose l’a tout de suite surprise cependant, la transition à partir de la culture d’entreprise au rythme accéléré à laquelle elle était habituée. À Solar Panda, Midhula était plongée dans un milieu inclusif et chaleureux.

  Pour la première célébration de la Journée internationale des femmes de Solar Panda, des employées posaient en affichant diverses affirmations.

« L’entreprise est constituée en majeure partie de femmes et Andy tenait à poser ce geste de façon intentionnelle. »

Les moments les plus mémorables pour Midhula consistaient à rencontrer des gens venus se procurer une trousse pour leur maison, laquelle comprenait un panneau solaire et une batterie, des ampoules à DEL, un chargeur de téléphone, une lampe de poche rechargeable ainsi qu’une radio et un fanal portatif.

« Cela a fait une différence énorme dans la vie des enfants. En effet, bien souvent, lorsqu’une maison avait l’électricité dans la rue, tous les enfants du voisinage s’y précipitaient pour aller y faire leurs devoirs », fait remarquer Midhula.

Non seulement l’énergie solaire est meilleure pour l’environnement et plus abordable que d’autres solutions de rechange, mais elle est également plus sécuritaire que les lampes à kérosène, qui constituent un risque d’incendie et un risque pour la santé – inhaler les fumées équivaut à fumer deux paquets de cigarettes par jour, selon la Banque mondiale.

Toutefois, au cours de ses visites, Midhula a pris conscience d’un autre avantage inattendu de l’utilisation d’une source d’énergie plus fiable.

« Nous avons entendu parler d’une histoire dans l’un de nos pays desservis où l’on trouve des tas de serpents, les mambas noirs, qui sont vraiment venimeux. Il a été constaté que, lorsqu’on dispose d’une lampe à kérosène, il est difficile de repérer les serpents et également de déplacer la lampe, puisqu’on risque de la renverser, précise Midhula. Cependant, avec une lampe de poche électrique, beaucoup plus facile à manœuvrer, vous avez moins de mal à repérer les serpents. »

En quittant Nairobi, Midhula était reconnaissante à son réseau Shad de l’avoir aidée à réaliser son souhait de très longue date, c’est-à-dire pouvoir aller à la rencontre de l’Afrique. « À long terme, chaque fois que j’aurai des décisions à prendre,  mon expérience me suivra et m’inspirera. Je me souviens de mon travail là-bas, de l’énorme satisfaction ressentie et de mon sentiment de contribuer à la société et de faire une différence, déclare Midhula. Dorénavant, ce sentiment m’accompagnera, car je veux m’assurer que toutes mes décisions en découlent. »

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