Passionné d'escrime depuis l'âge de 12 ans, Nima Abbaszadeh pensait tout savoir sur le sport qu'il aimait. Il avait passé des années à participer à des tournois, à perfectionner sa technique et à développer une profonde appréciation des compétences et de la mentalité que ce sport l'avait aidé à cultiver.
Mais lorsqu'il a rencontré la talentueuse Amber Briar, une escrimeuse en fauteuil roulant de l'équipe nationale du Canada, il a compris qu'il y avait encore beaucoup à apprendre. Il a alors eu l'inspiration de faire connaître sa discipline sportive en organisant un marathon d'escrime de 12 heures pour amasser des fonds pour les Jeux paralympiques.
« Rencontrer Amber m'a ouvert les yeux sur un tout nouvel univers : l'escrime. Avant elle, je n'avais jamais entendu parler de l'escrime en fauteuil roulant ni de sa pratique aux Jeux paralympiques. Cela m'a vraiment donné envie de faire connaître ce sport et les athlètes extraordinaires qui le pratiquent. »
S'inspirer des autres pour avoir un impact est ce que Nima a le plus aimé de son passage chez Shad en 2019. Durant le programme, il a rencontré des mentors extraordinaires et des professionnels de la STIAM qui ont enseigné aux Shad comment utiliser leurs compétences et leurs connaissances pour résoudre des problèmes concrets, les encourageant à voir les défis comme des occasions de faire une différence.
« À Shad, nous avons écouté et beaucoup appris sur des personnes qui réalisent des choses formidables. Et elles ne le font pas parce qu'on le leur a demandé, mais parce qu'elles ont eu une idée et qu'elles ont pris l'initiative de la concrétiser, convaincues de sa valeur et de l'impact positif qu'elle pouvait avoir. »
C'est sur cette attitude volontaire que Nima s'est appuyé lorsque lui et ses coéquipiers de l'équipe d'escrime de l'Université de Western Ontario (UWO), où il terminait ses études de premier cycle en sciences intégrées, préparaient une collecte de fonds pour l'équipe. L'année précédente, ils avaient participé au Relais pour la vie afin de recueillir des fonds pour la lutte contre le cancer et l'équipe espérait reproduire cette structure de collecte de fonds pour sa propre initiative.
« Le Relais pour la vie a été une excellente expérience et nous avons aimé l'idée d'une sorte de marathon d'escrime pour amasser des fonds. Lors du Relais pour la vie, nous avons fait de l'escrime de sept heures du soir à cinq heures du matin, ce qui était amusant mais aussi épuisant. Cependant, cela nous a fourni un excellent modèle pour éclairer les futures collectes de fonds et la façon dont nous planifierions notre propre initiative. »
En gardant ce format à l'esprit, Amber, qui faisait ses débuts dans l'équipe de l'UWO cette année-là, a suggéré d'utiliser l'escrime en fauteuil roulant comme base du marathon. C'est un sport qu'elle pratiquait avec l'équipe nationale canadienne depuis des années et dont l'équipe n'avait jamais entendu parler. Bien qu'elle n'ait pas besoin d'utiliser un fauteuil roulant au quotidien, Amber présente une déficience à une jambe qui limite sa mobilité et l'oblige à porter une attelle lorsqu'elle est active. Ce handicap lui permet de participer à ce sport, les critères de qualification étant fondés sur le niveau de mobilité de l'athlète.
« Elle nous a expliqué comment fonctionne l'escrime en fauteuil roulant, les règles et les différentes techniques utilisées par les athlètes, et nous a même montré comment pratiquer ce sport. Nous avons adoré ! Nous n'avions pas cru qu'il était possible de n'avoir jamais entendu parler de cette discipline auparavant et d'avoir l'une des meilleures athlètes du pays dans ce sport au sein de notre équipe ! Cela n'a fait que confirmer la nécessité pour notre initiative de sensibiliser le public à ce sport et de collecter des fonds pour les Jeux paralympiques. »
L'équipe s'est mise au travail pour planifier les détails de l'initiative, en réservant un local dans l'un des espaces étudiants du campus, en installant une diffusion en direct pour que les partisans puissent suivre l'événement d'où qu'ils soient et en créant un lien vers la page de collecte de fonds de l'équipe.
« Nous avons couru pendant les 12 heures du marathon, ce qui comprenait l'escrime en fauteuil roulant. L'initiative a connu un immense succès, de nombreux étudiants sont venus nous encourager et nous avons amassé plus de 4 000 $, ce qui était formidable puisque notre objectif initial était de 1 500 $. »
Pour Nima, la capacité de l'équipe à mobiliser les gens autour d'eux pour soutenir une noble cause a validé une leçon importante retenue de son été avec Shad. Shad lui a enseigné l'importance de s'entourer d'une communauté d'acteurs de changement et de comprendre la puissance d'un grand réseau pour faire avancer les choses et obtenir des résultats.
« Shad m'a montré que lorsque l'on s'entoure de bonnes personnes et que l'on a confiance en ses propres idées, il n'y a pas grand-chose qu'on ne puisse pas accomplir. Alors, quand vous avez une idée et que vous la partagez, les gens autour de vous trouvent le moyen d'aider. Tout le monde a un rôle à jouer et, ensemble, on arrive au bout du projet. »
Pour Nima, pouvoir aider d'autres personnes à réaliser leurs objectifs sportifs grâce à cette collecte de fonds était très important. L'escrime a joué un rôle primordial dans sa vie, lui permettant de nouer des amitiés durables, de renforcer sa confiance en lui et, ultimement, de lui enseigner des compétences de vie essentielles.
« Une chose que nous avons vraiment retenue de cette expérience, c'est la barrière élevée à l'entrée pour l'escrime en fauteuil roulant. Non seulement les athlètes doivent assumer le coût de tout l'équipement d'escrime standard, qui est dispendieux, mais ils ont également besoin d'articles supplémentaires ainsi que du fauteuil roulant, ce qui coûte cher. Je sais à quel point l'escrime m'a profité et ce qu'elle m'a apporté, alors pouvoir aider quelqu'un d'autre à vivre sa propre expérience d'escrime a été très gratifiant. »
Nima prévoit de continuer à soutenir l'escrime en fauteuil roulant en participant aux initiatives de l'Association d'escrime de l'Ontario (AEO) visant à mieux faire connaître cette discipline. L'AEO a créé une catégorie d'escrime en fauteuil roulant pour les personnes valides afin d'encourager un plus grand nombre d'athlètes à s'initier à ce sport et à en faire la promotion, une démarche à laquelle Nima espère contribuer.
« Je veux que les gens comprennent que l'escrime en fauteuil roulant n'est pas une version au rabais de l'escrime. Ce n'est pas une pratique qu'on a allégée pour la rendre plus facile. Elle a ses propres règles, ses propres stratégies, et les personnes qui la pratiquent sont de véritables athlètes engagés dans un sport exigeant. Ils méritent d'être reconnus pour cela. »
Nous ne pourrions être plus d'accord alors que nous prenons un moment pour réfléchir en cette Semaine nationale de l'accessibilité.