La curiosité est le premier pas vers la découverte. Pour Zoë Golay, c'est un été passé à Shad Canada qui a déclenché une aventure qu'elle n'aurait jamais imaginée : un parcours qui l'a menée vers un doctorat en chimie environnementale et une mission pour protéger les forêts canadiennes. Aujourd'hui, Zoë étudie la façon dont la fumée des feux de forêt interagit avec l'atmosphère et contribue à l'appauvrissement de la couche d'ozone, mais son incursion dans le monde scientifique a commencé bien avant qu'elle ne mette les pieds dans un laboratoire de l'Université de Colombie-Britannique.
« Je ne savais vraiment pas si je voulais faire des sciences avant Shad, admet Zoë. Je pensais plutôt me spécialiser en littérature anglaise. Mais Shad m'a vraiment poussée vers les STIAM en renforçant ma confiance en moi et en me montrant que j'en étais capable. »
Son été chez Shad a été rempli de défis conçus pour stimuler la réflexion et les compétences en résolution de problèmes des élèves. Le défi de design, en particulier, a laissé une impression durable. L'équipe de Zoë s'est concentrée sur les moyens d'aider les Canadiens à accroître leur résilience lors de catastrophes naturelles en s'attaquant aux impacts environnementaux du sel de voirie après les tempêtes hivernales.
« Bien qu'essentiel pour assurer la sécurité des routes, un excès de sel peut endommager les infrastructures, polluer les cours d'eau et nuire aux écosystèmes. Nous avons exploré des moyens de réduire notre dépendance au sel de voirie et de rendre la gestion des routes en hiver plus durable, en trouvant un juste équilibre entre la sécurité publique et la protection de l'environnement. »
Cette expérience lui a montré comment la science et l'innovation pouvaient servir à résoudre des problèmes environnementaux urgents, et cela a été l'élément déclencheur qui l'a poussée à entreprendre des études de premier cycle en sciences naturelles.
« Avant de commencer le défi de design, je pensais que je n'y arriverais jamais, se rappelle-t-elle. À la fin, j'ai compris que j'étais capable de surmonter des difficultés, même si je n'avais pas la réponse tout de suite. Cela a renforcé ma confiance en ma capacité à résoudre des problèmes et m'a inspirée pour poursuivre dans les domaines scientifiques. »
Ce n'est pas une seule conférence ou un seul atelier qui a façonné le parcours de Zoë, mais bien la communauté immersive que Shad a nourrie.
« C'était le fait d'être entouré de personnes qui ont la passion d'apprendre et de créer, dans un environnement STIAM », explique-t-elle. « Ce sentiment de champ des possibles était extrêmement motivant. J'ai compris qu'il y avait tant de choses à apprendre et que je pouvais en faire partie. »
Shad a également fait découvrir à Zoë l'idée que la science peut être un outil pour changer concrètement les choses. Le travail de son équipe sur le sel de voirie, par exemple, a semé une graine qui s'est transformée plus tard en une véritable passion pour l'étude concrète des impacts environnementaux.
« C'était la première fois que je me considérais vraiment comme quelqu'un capable de trouver des solutions qui ont un impact », dit-elle. « Cela m'a donné la confiance nécessaire pour explorer, prendre des risques et voir que de petites solutions peuvent mener à de plus grandes. »
Après le secondaire, Zoë s'est inscrite à l'Université de Toronto, où elle a d'abord commencé en astrophysique avant de se découvrir une passion pour la chimie. Elle s'est tournée vers la chimie environnementale, attirée par son potentiel pour résoudre des problèmes concrets. Ses recherches ont débuté par les polluants urbains, comme la poussière de route à Toronto — un lien direct avec son expérience du Défi de design Shad — et ont évolué vers ses recherches actuelles de doctorat, où elle s'intéresse à la fumée des feux de forêt, un enjeu crucial pour les forêts canadiennes.
« Comprendre la science fondamentale est essentiel, explique Zoé. Mes recherches examinent comment les particules de fumée de feux de forêt interagissent avec l'atmosphère, ce qui peut influencer les niveaux d'ozone et les modèles climatiques. En cernant le problème, nous pouvons fournir des données qui aident les décideurs politiques à prendre des décisions éclairées. C'est le genre d'impact que je souhaite avoir. »
Les recherches de Zoë ont déjà trouvé un écho mondial. Elle a eu l'occasion de présenter ses travaux préliminaires sur la fumée des feux de forêt et la chimie atmosphérique à l'Union américaine de géophysique (AGU), l'une des organisations les plus prestigieuses dans le domaine des sciences de la Terre et de l'espace. Cette présentation à l'AGU lui a permis de partager certains de ses résultats avec d'éminents scientifiques du monde entier et d'obtenir des commentaires sur ses recherches de pointe.
Elle espère que ses recherches permettront d'améliorer les modèles climatiques afin de mieux prédire les menaces environnementales croissantes, de s'y préparer et d'y répondre. Les feux de forêt deviennent de plus en plus fréquents et intenses en raison des changements climatiques, et leurs répercussions vont bien au-delà des flammes, affectant la qualité de l'air, les écosystèmes et la santé publique. C'est pourquoi des recherches scientifiques comme celle de Zoë sont si importantes pour nous tous.
« Le principal moteur de la réussite en science, c'est l'intérêt, » souligne-t-elle. « Vous pouvez avoir toutes les compétences du monde, mais si vous n'avez ni curiosité ni motivation, vous n'irez pas bien loin. Apprendre à prendre des risques et à sortir de ma zone de confort m'a prouvé que je pouvais contribuer à quelque chose d'important. »
Pour Zoë, la science compte de multiples façons : elle nourrit la curiosité, approfondit la compréhension de notre monde naturel et nous donne les moyens d'agir. Elle est convaincue qu'à travers des programmes comme Shad, les élèves sont encouragés à relever des défis, à expérimenter avec audace et à s'épanouir en tant que penseurs, résolveurs de problèmes et acteurs du changement.
« Shad a vraiment marqué ma vie de façon merveilleuse, » confie Zoé. « Cela m'a donné la confiance nécessaire pour suivre ma passion, réfléchir à la durabilité et me consacrer à la protection de l'environnement par la science. Cela m'a inspirée à poser des questions, à résoudre des problèmes et à voir l'impact incroyable que peuvent avoir la curiosité et le savoir. Cela a vraiment changé ma vie. »