Ma révélation entrepreneuriale

À l’aube de ma carrière dans l’enseignement de l’entrepreneuriat, j’ai commencé à constater que ma perspective « MBA de Harvard » à propos de l’entrepreneuriat n’était pas toujours bien reçue par les étudiants, en particulier les SHAD. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour me rendre compte que bon nombre de jeunes gens avaient une perception négative des affaires et surtout du profit. Mon hypothèse était que cette attitude généralisée découlait sans aucun doute des diverses couvertures médiatiques d’histoires scabreuses de pratiques corrompues de la part de cadres de direction dépourvus de toute éthique des affaires. Pas surprenant alors que dans l’esprit de mes étudiants le mot « profit » était un terme à consonance péjorative. Rien de surprenant non plus au fait que bon nombre d’entre eux souhaitaient lancer des entreprises sans but lucratif lorsque je les incitais à élaborer un plan d’affaires pour une entreprise.


J’ai beaucoup réfléchi à la façon dont je pouvais m’y prendre pour les persuader que l’impression négative que leur avaient léguée les médias n’était pas représentative des entreprises ordinaires. Heureusement, alors que je m’évertuais à résoudre ce dilemme, j’ai eu la chance de prendre part à un atelier d’entrepreneuriat destiné aux anciens de l’École d’études commerciales de Harvard, qui m’a apporté une toute nouvelle vision des méthodes d’enseignement de l’entrepreneuriat. Tôt au cours de l’atelier,  nous avons eu droit à une définition de l’entrepreneuriat dont la paternité revient au professeur Howard Stevenson de l’École d’études commerciales de Harvard. Sa définition de l’entrepreneuriat est la suivante : « L’inlassable poursuite des nouvelles occasions au-delà même des ressources sur lesquelles nous exerçons déjà un contrôle ».


Lorsque je me suis arrêté à cette définition, il m’est apparu évident  que j’étais maintenant habilité à communiquer l’entrepreneuriat aux jeunes étudiants sous un angle très différent. L’entrepreneuriat ne consiste pas nécessairement à lancer une entreprise sans but lucratif. C’est d’abord et avant tout un état d’esprit, une façon de se comporter, c’est-à-dire en demeurant constamment à l’affût des problèmes importants qui demandent à être résolus afin de faire du monde un endroit meilleur, en se représentant les solutions à ces problèmes, en bâtissant une équipe très performante qui dispose des compétences nécessaires à l’exécution et qui s’avère efficace dans la mise à contribution des ressources sur lesquelles vous n’exercez pas de contrôle, de sorte que votre solution puisse prendre forme et éventuellement avoir des répercussions à l’échelle mondiale.


Lorsque j’ai commencé à dépeindre l’entrepreneuriat à mes étudiants de cette manière, l’impact a été immédiat. Ils trouvaient maintenant légitime de devenir entrepreneurs et d’adopter une attitude entrepreneuriale. Cela leur a également ouvert les yeux et l’esprit et les a amenés à comprendre comment les profits, s’ils sont réalisés de façon éthique, peuvent constituer un ingrédient essentiel à l’apport en capital nécessaire à la transformation d’une idée brillante en une solution concrète à un problème de taille.

 

Merci M. Stevenson pour cette révélation! Mon niveau d’enseignement de l’entrepreneuriat s’en trouve rehaussé!


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