Pleins feux sur SHAD : Céline Kavanaugh

Voyons « voir »… Ou plutôt ne pas voir. Je ne sais pas où « tourner mon regard » afin de faire une belle introduction. Bon, ça suffit les blagues d’aveugles. Voici une introduction plus appropriée. Je m’appelle Céline Kavanaugh, je suis une élève de la 11e année qui fréquente une école francophone au Nouveau-Brunswick et j’ai une déficience visuelle. N’ayant jamais eu une vision parfaite, je me suis retrouvée avec une perte totale de vision dans mon œil gauche, qui m’a laissée avec une acuité visuelle de 20 / 200 au niveau de mon œil droit. Cela entraîne plusieurs obstacles et difficultés que d’autres élèves n’auraient peut-être pas à surmonter. Par exemple, dans mon cas, un permis de conduire ne sera jamais envisageable. Trouver un emploi à temps partiel apporte son lot de problèmes : lire les caisses enregistreuses, les étiquettes de prix, les reçus… ce sont toutes des tâches qui peuvent sembler banales, mais dans mon cas c’est différent. Cependant, ces difficultés ne m’empêcheront pas de devenir une Fellow SHAD.

 

 

Dès que j’ai eu connaissance du programme SHAD, j’étais déterminée à y participer. Mes parents, quant à eux, n’étaient pas aussi convaincus que moi. L’idée de laisser leur fille ayant une déficience visuelle partir seule pendant un mois les rendait craintifs. Moi, au contraire, je me disais : « Wow! Je peux partir seule pendant un mois! ». Mes parents m’ont laissée m’inscrire en dépit de toutes leurs inquiétudes. C’était ma chance ultime de démontrer à mes parents que mes capacités à me débrouiller seule étaient suffisamment développées pour que je puisse poursuivre des études postsecondaires. À l’école, j’ai un écran qui projette ce qui se trouve au tableau, à SHAD, j’avais mon cellulaire et un petit télescope. C’était un gros changement, mais un changement positif, qui m’a rassurée quant à mes aptitudes.

 

 

Je crois que ce qui m’a le plus intrigué à propos du programme SHAD c’était la façon dont on nous apprenait divers sujets et habiletés de façon plus interactive. Nous avons appris au niveau universitaire sans même nous en rendre compte! À SHAD, j'ai soudé une carte de circuit imprimé, une tâche que je ne croyais jamais pouvoir accomplir avec ma déficience. J’ai reçu quelques conseils du professeur et j’ai pu souder! J’ai aussi démonté une tondeuse à gazon et programmé un robot. La plupart des gens autour de moi n’étaient pas au courant de ma limitation visuelle. Ils ne s’en sont aperçu que lorsque la lumière était tamisée et que la pièce devenait plus sombre et que, par conséquent j’avais besoin d’aide pour me déplacer, ou encore lorsque je devais sortir mon télescope en classe pour voir le tableau. Ma déficience n’est qu’un léger obstacle avec lequel je compose, c’est mon quotidien. Quand j’ai besoin d’aide, je n’hésite pas à le demander, mais je préfère le faire moi-même. À SHAD, mes capacités n’étaient pas remises en question. SHAD vous présente des professionnels et des étudiants qui ont des rêves aussi vastes que les vôtres, des rêves qui vous ne semblent plus aussi inatteignables qu’avant. Depuis quelque temps, devenir ingénieure en environnement et travailler à l’extérieur est pour moi un intérêt prédominant. Cependant, avant SHAD, cet objectif ne me semblait pas atteignable. Je suis maintenant devenue plus confiante dans mes capacités de m’adapter et je peux opter pour n’importe quel domaine de mon choix. J’ai également une autre passion qui est le ski paranordique. Évidemment, je ne peux pas skier seule, je me retrouverais face à face avec un arbre! C’est pourquoi je skie en compagnie d’un guide, qui m’informe du terrain à venir. Cet hiver, je participe à ma première coupe mondiale!

 

 

Enfin, à SHAD, vous avez la chance de rencontrer des gens avec une expérience de vie comme la vôtre. Peu importe vos différences ou l’endroit d’où vous venez, ils deviennent votre famille. Si je pouvais revivre mon séjour à SHAD, je participerais aux séances récréatives alternatives chaque matin avant le déjeuner, pour passer le plus de temps possible avec les 55 membres de ma famille. Finalement, SHAD m’a confirmé que ma déficience ne limite en rien mes capacités. Mes façons de faire peuvent différer des vôtres, mais cela ne les rend pas moins crédibles. Ces différences font de moi une personne unique.

 

 


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